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IACM-Bulletin du 9 mars 2009

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đŸ·ïž Science — le nabilone est efficace pour traiter les cauchemars chez des patients atteints du syndrome de stress post-traumatique

Selon un article rĂ©digĂ© par un psychiatre des Services de SantĂ© de l’armĂ©e canadienne Ă  Ottawa, le cannabinoĂŻde synthĂ©tique nabilone s’est rĂ©vĂ©lĂ© efficace pour traiter les symptĂŽmes de stress post-traumatique (SSPT). Le nabilone produit des effets similaires au cannabinoĂŻde naturel dronabinol (THC). Les dossiers mĂ©dicaux de 47 patients atteints du SSPT et qui souffraient de cauchemars persistants malgrĂ© la prise d’antidĂ©presseurs et de sĂ©datifs conventionnels ont Ă©tĂ© analysĂ©s aprĂšs l’administration complĂ©mentaire d’un traitement Ă  base de nabilone. Tous les patients concernĂ©s avaient Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s entre 2004 et 2006 Ă  une clinique psychiatrique.

La majoritĂ© des patients Ă  qui l’on a administrĂ© le nabilone (72 %) ont indiquĂ© que les cauchemars avaient cessĂ© ou que leur intensitĂ© avait diminuĂ© de maniĂšre significative. De plus, certains patients ont notĂ© une amĂ©lioration de la durĂ©e et de la qualitĂ© de leur sommeil, et la rĂ©duction du nombre des flash-back diurnes ainsi que des sueurs nocturnes. Ces travaux composent le premier rapport clinique sur l’usage du cannabis dans le traitement du syndrome de stress post-traumatique.

(Source : Fraser GA. The use of a synthetic cannabinoid in the management of treatment-resistant nightmares in posttraumatic stress disorder (PTSD). CNS Neurosci Ther 2009;15(1):84-8.)

đŸ·ïž Science — les effets positifs du sativex dans les indications de la spasticitĂ© SEP sont de longue durĂ©e

Dans un communiquĂ© de presse, la sociĂ©tĂ© britannique GW Pharmaceuticals a fait savoir qu’une rĂ©duction prolongĂ©e de la spasticitĂ© chez des patients atteints d’une sclĂ©rose en plaques avait Ă©tĂ© enregistrĂ©e avec son extrait de cannabis sativex. Une Ă©tude sur les effets de sevrage a Ă©valuĂ© les symptĂŽmes chez 36 patients ayant suivi un traitement Ă  base de sativex pendant plusieurs annĂ©es (durĂ©e moyenne = 3,6 ans). Par la suite, les participants ont reçu pendant quatre semaines soit du sativex soit un placebo, Ă  dosage fixe, selon le principe de l’étude randomisĂ©e en double aveugle.

Le rĂ©sultat primaire de l’étude de l’efficacitĂ© – le temps entre le dĂ©but jusqu’à l’abandon du traitement – a Ă©tĂ© nettement favorable au traitement avec le sativex. La diffĂ©rence entre le rĂ©sultat obtenu avec le sativex et celui du placebo a aussi Ă©tĂ© significative du point de vue de l’impression gĂ©nĂ©rale du malade. Cette diffĂ©rence a Ă©galement Ă©tĂ© remarquĂ©e par le personnel soignant, concernant principalement les capacitĂ©s fonctionnelles, en d’autres termes le personnel soignant a remarquĂ© que l’intensitĂ© de la spasticitĂ© augmentait quand les patients n’avaient plus Ă©tĂ© traitĂ©s avec le sativex. Cette maniĂšre de procĂ©der a permis d’obtenir une confirmation indĂ©pendante du rĂ©sultat primaire de l’étude de l’efficacitĂ©.

Plus d’infos sur http://www.gwpharm.com/

(Source : communiqué de presse de GW Pharmaceuticals, du 24 février 2009)

đŸ·ïž Science — selon un rapport de cas, le cannabis et le THC sont efficaces dans le traitement des cĂ©phalĂ©es vasculaires de Horton

Selon un rapport de cas prĂ©sentĂ© par les chercheurs du centre Montefiore Headache Center de l’Institut mĂ©dical Albert Einstein de New York (Etats-Unis), le cannabis fumĂ© et le dronabinol par voie orale ont tous deux Ă©tĂ© efficaces dans le traitement des maux des cĂ©phalĂ©es vasculaires de Horton. Un Ă©tudiant de l’universitĂ©, ĂągĂ© de 19 ans, souffrait de crises cycliques prĂ©visibles, Ă  des intervalles de un Ă  deux mois et qui duraient environ deux semaines. Pendant les 15 jours de crise, l’étudiant souffrait d’algies qui apparaissaient un jour sur deux et qui, sans traitement, duraient en moyenne entre trois et quatre heures. Afin de guĂ©rir l’étudiant de ces crises, de nombreux traitements avaient Ă©tĂ© essayĂ©s, mais sans obtenir de rĂ©sultats vraiment convaincants.

Le patient avait remarquĂ© que l’inhalation de cannabis au moment oĂč les douleurs apparaissaient conduisait Ă  une disparition complĂšte ou partielle des crises dans les cinq minutes suivantes. À l’hĂŽpital, le cannabis a Ă©tĂ© remplacĂ© par du THC, qui a Ă©galement produit un soulagement spectaculaire. Les chercheurs ont notĂ© que « l’effet bĂ©nĂ©fique pouvait avoir un rapport avec la forte concentration des rĂ©cepteurs cannabinoĂŻdes dans l'hypothalamus, identifiĂ©e comme Ă©tant la rĂ©gion responsable du dysfonctionnement suite Ă  des Ă©tudes de neuro-imagerie ».

(Source : Robbins MS, Tarshish S, Solomon S, Grosberg BM. Cluster Attacks Responsive to Recreational Cannabis and Dronabinol. Headache. 2009 Feb 11. [publication Ă©lectronique avant impression])

En bref

🌐 Etats-Unis — Obama et les rafles

Des remarques faites rĂ©cemment par le ministre amĂ©ricain de la Justice, Eric Holder, lors d’une confĂ©rence de presse confirment que le nouveau gouvernement fĂ©dĂ©ral ne procĂ©dera plus Ă  des rafles dans les dispensaires de cannabis mĂ©dicales et prĂ©voit d’instaurer une politique qui va aider les patients Ă  se procurer le cannabis. La dĂ©claration date du 25 fĂ©vrier dernier, pendant laquelle le ministre a soutenu que l’Administration tiendra la promesse du prĂ©sident Obama, faite lors de sa campagne, qui consiste Ă  en finir avec les rafles. (Source : Times-Standard, du 27 fĂ©vrier 2009)

đŸ·ïž Science — miction

À l’universitĂ© de Munich (Allemagne), une Ă©tude animale a montrĂ© que l’activation du rĂ©cepteur CB2 augmentait l’intervalle entre les mictions et rĂ©duisait le tonus de la vessie. Ceci pourrait expliquer les effets thĂ©rapeutiques du THC et du cannabis chez les patients atteints d’une sclĂ©rose en plaques qui doivent vider leur vessie plus souvent du fait que leur tonus musculaire est plus Ă©levĂ©. (Source : Gratzke C, et al. J Urol, du 21 fĂ©vrier 2009 [publication Ă©lectronique avant impression])

đŸ·ïž Science — chute des dents

D’aprĂšs une Ă©tude menĂ©e Ă  l’universitĂ© d’Aarhus (Danemark), l’usage du cannabis n’est pas associĂ© Ă  une augmentation du risque de chute des dents. C’est ce qui a Ă©tĂ© dĂ©couvert en analysant des donnĂ©es relatives Ă  des examens de dĂ©pistage chez des Ă©tudiants chiliens. Aucune augmentation du risque de parodontose, ni de chute de dents n’ont Ă©tĂ© observĂ©es. Étant donnĂ© que le THC dessĂšche la bouche, il a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ© que la chute des dents pouvait ĂȘtre un possible effet secondaire. Il s’agit d’une premiĂšre Ă©tude rĂ©alisĂ©e Ă  ce sujet. (Source : LĂłpez R and Baelum V. J Clin Periodontol 2009;36(3):185-9.)

đŸ·ïž Science — anesthĂ©sie

Dans une Ă©tude incluant 30 consommateurs rĂ©guliers de cannabis et 30 non consommateurs, le besoin de propofol pour l’initiation de l’anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale a Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©. Le groupe des consommateurs a eu besoin de doses significativement plus importantes de l’anesthĂ©sique que les non consommateurs. (Source : Flisberg P, et al. Eur J Anaesthesiol 2009;26(3):192-195.)

đŸ·ïž Science — colite ulcĂ©reuse

Des chercheurs de l’universitĂ© d’Erlangen-Nuremberg (Allemagne) ont Ă©tudiĂ© les effets de l’endocannabinoide anandamide dans le modĂšle animale (souris) de la colite, induite par une substance chimique. L’administration de l’anandamide a rĂ©duit l’inflammation de façon significative. (Source : Engel MA, et al. J Physiol Pharmacol 2008;59(4):673-89.)