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IACM-Bulletin du 26 juillet 2005

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đŸ·ïž Science — Fumer du cannabis ne provoque pas de cancer selon une Ă©tude Ă  cas contrĂŽlĂ©s

Selon une Ă©tude Ă  cas contrĂŽlĂ©s conduite par Dr. Donald Tashkin et ses collĂšgues de l'UniversitĂ© de Californie Ă  Los Angeles, mĂȘme fumer beaucoup de cannabis Ă  long terme n'est pas associĂ© au cancer du poumon et d'autres types de cancer du systĂšme aĂ©rodigestif supĂ©rieur. Les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s le 26 Juin Ă  la confĂ©rence annuelle de l'ICRS (International Cannabinoid Research Society)

L'étude a impliqué 1209 résidents de Los Angeles ùgés de 18 à 59 ans, atteints de cancer (611 concernant les poumons, 403 les voies orales/pharynx, 90 le larynx et 108 l'oesophage). Les interviewers ont collecté des historiques exhaustifs de consommation de cannabis, de tabac, d'alcool et d'autres types et des données concernant d'autres facteurs qui peuvent influencer le risque de cancer, notamment le régime alimentaire, les expositions professionnelles et les antécédents familiaux concernant le cancer. L'exposition au cannabis a été mesurée en années-joint (1 année-joint = 365 joints). Les patients atteints du cancer ont été comparés à 1040 cas de contrÎle non atteints de cancer. Parmi les cas de contrÎles, 46 pour cent n'avaient jamais consommé de cannabis, 31 pour cent en avaient consommé pour moins d'une année-joint, 12 pour cent entre 10 et 30 années-joint, 2 pour cent entre 30 et 60 années-joint et 3 pour cent pour plus de 60 années-joint.

Comparé aux sujets ayant consommé moins d'une année-joint, le risque de cancer du poumon était de 0,78 pour 1 à 10 années-joint, 0,74 pour 10 à 30 années-joint, 0,85 pour 30 à 60 années-joint, et 0,81 pour plus de 60 années-joint. Un risque en dessous de 1,0 signifie que le risque pour les consommateurs de cannabis est légÚrement plus faible que celui des non consommateurs. Des résultats similaires ont été obtenus pour d'autres types de cancer. Il n'est pas apparu de relation proportionnelle à la dose dans le risque de cancer, ce qui signifie qu'il n'y avait pas d'augmentation de risque pour les consommateurs les plus intensifs. Les données sur la consommation de tabac, ainsi qu'on pouvait l'attendre, ont mis en évidence un effet trÚs puissant et une relation proportionnelle à la dose assez nette.

(Source: Morgenstern H, et al. Marijuana use and cancers of the lung and upper aerodigestive tract: results of a case-control study. Présentation à la Conférence ICRS sur les cannabinoïdes , 24-27 Juin, Clearwater, Etats-Unis)

đŸ·ïž Science — Nouvelles Ă  la ConfĂ©rence ICRS 2005

La conférence de cette année de l'International Cannabinoid Research Society (ICRS) a eu lieu du 24 au 27 juin à Clearwater en Floride. Quelques 300 scientifiques ont participé au rendez-vous. Certains articles sont présentés briÚvement ci-dessous.

(1) neuropathie: des résultats préliminaires d'une étude aléatoire contrÎlée par placebo, impliquant 50 patients atteints de neuropathies périphériques liées au VIH, ayant reçu soit du cannabis fumé soit un placebo de cannabis ont été présentés. Dans l'étude menée à l'Université de Californie, le cannabis s'est avéré fournir un soulagement de douleur comparable au Gabapentin, le traitement le plus largement utilisé pour une condition qui affecte prÚs de 30 pour cent des patients atteints du VIH (article de D. Abrams et al.)

(2) Schizophrénie: les résultats d'un essai clinique de quatre semaines en double aveugle sur le cannabidiol et l'amisulpride dans la schizophrénie aiguë ont été présentés par des chercheurs de l'Université de Cologne. Le cannabidiol a significativement réduit les symptÎmes psychopathologiques de psychose aiguë aprÚs les semaines deux et quatre, en comparaison de l'état initial. Il n'y a pas eu de différence significative en matiÚre d'efficacité entre le cannabidiol et l'amisulpride. Cependant, le cannabidiol a entraßné significativement moins d'effets secondaires que l'autre médicament (article de M. Leweke et al.)

(3) Manque: l'interruption brutale d'un an de traitement basé sur l'extrait de cannabis Sativex n'a pas été associée à un symptÎme de manque ou des symptÎmes graves de manque chez 25 patients atteints de sclérose en plaques. Environ la moitié des patients ont fait l'expérience des symptÎmes précédents liés au manque provoqué par une consommation récréative réguliÚre de cannabis. (Article de E. Russo et P. Robson)

(4) Récepteurs CB2 dans le cerveau: des travaux sur les souris ont démontré la présence de récepteurs CB2 dans le cerveau. Leur nombre a été augmenté par le stress bénin chronique (CMS). Ces résultats suggÚrent que les récepteurs CB2 sont exprimés dans le cerveau mammifÚre et peuvent jouer un rÎle dans la dépression. (article de E. Onaivi et al.)

(5) Sclérose amyotrophique latérale (ALS): il a été montré qu'un cannabinoïde synthétique (AM1241) qui se lie sélectivement au recepteur CB2 diminue la progression pathologique dans un modÚle de souris de l'ALS. La perte de fonction motrice a été retardée de 12,5 jours chez les souris mùles et de 3 jours chez les souris femelles. (article de M. Abood et al.)

(Source: Programme de la réunion ICRS 2005, www.cannabinoidsociety.org.)

🌐 Etats-Unis — Rhode Island va probablement lĂ©galiser l'utilisation mĂ©dicale du cannabis malgrĂ© un veto du gouverneur

L'état du sénat de Rhode Island a voté le 6 juillet la décision de passer outre le veto du gouverneur Don Carcieri apposé à l'encontre d'un projet de loi qui vise à permettre la consommation médicale de cannabis. Si la Chambre des Représentants passe également outre le veto, Rhode Island deviendra le 11Úme état à permettre l'utilisation médicale du cannabis.

M. Carcieri a apposé son veto au projet de loi le 5 juillet aprÚs que la Chambre des Représentants ait approuvé le projet de loi par un vote de 52 contre 10 et le Sénat par 34 contre 2. La décision de passer outre le veto nécessite les votes des trois cinquiÚmes des législateurs dans les deux chambres. Le sénat a approuvé la décision à 28 contre 6.

La loi autoriserait les patients en condition médicale débilitante, incluant le cancer, le glaucome et le SIDA à recevoir une attestation signée de leur médecin attestant qu'ils pourraient bénéficier du cannabis. Les patients et leurs soignants seraient enregistrés dans un registre conservé par les autorités sanitaires de l'état (State Departement of Health). Ils seraient autorisés à posséder jusqu'à 12 plants de cannabis ou 2 1/2 livres (1,1 kg environ) de cannabis consommable

(Sources: Associated Press du 30 juin 2005, New York Times du 29 juin 2005)

En bref

đŸ·ïž Science 🌐 Canada — Cannabis et douleurs chroniques

Le Vancouver Island Compassion Club (VICC) a annoncĂ© que SantĂ© Canada a accordĂ© son autorisation “pour l'Ă©tude se penchant sur les effets du cannabis fumĂ© et les douleurs chroniques.” L'Ă©tude est financĂ©e Ă  hauteur de 50 000 Dollars Canadiens accordĂ©s par le Marijuana Policy Project et dirigĂ©e par Philipe Lucas (VICC), le Dr. Shannon Hamersley et Rick Doblin, directeur de l'association multidisciplinaire d'Ă©tudes psychĂ©dĂ©liques. Le groupe projette de fournir du cannabis de teneurs diffĂ©rentes Ă  15 participants.

🌐 Etats-Unis — Californie

PrĂ©occupĂ©es par le fait que des fonctionnaires de l'Ă©tat pourraient ĂȘtre poursuivis au niveau fĂ©dĂ©ral en tant que criminels, les autoritĂ©s sanitaires de Californie ont annoncĂ© le 8 juillet qu'elles ne dĂ©livreraient plus de cartes d'identification aux patients traitĂ©s avec du cannabis mĂ©dical. Sandra Shewry, directrice des autoritĂ©s sanitaires de l'Ă©tat a annoncĂ© que la dĂ©cision est venue en rĂ©ponse au jugement de la Cour SuprĂȘme des Etats-Unis du mois dernier. A l'issue d'un vote Ă  6 contre 3, la cour a confirmĂ© le pouvoir des autoritĂ©s fĂ©dĂ©rales Ă  poursuivre la dĂ©tention et la consommation de cannabis Ă  des fins mĂ©dicales, mĂȘme dans les Ă©tats tels que la Californie dont les propres lois autorisent une telle consommation. (Source: New York Times du 9 Juillet 2005)

đŸ·ïž Science — AnalgĂ©sie induite par le stress

Le stress aiguë supprime la douleur. Cette analgésie induite par le stress est partiellement médiatisée par des opoïdes endogÚnes. De nouvelles recherches mettent en évidence que ceci est également médiatisé par des cannabinoïdes endogÚnes (endocannabinoïdes). Cet effet est basé sur la libération coordonnée de 2-AG (2-arachidonoylglycerol) et l'anandamide dans la matiÚre gris e du périaqueductal. (Source: Hohmann AG, et al. Nature 2005;435(7045):1108-12)

đŸ·ïž Science — BiodisponibilitĂ© sublinguale de THC

De nouvelles formulations sublinguales de cannabinoïdes contenant de la cyclodextrine ont été développées par des chercheurs finlandais. En ajoutant de la cyclodextrine à du THC ou du CBD, leur solubilité dans l'eau a été considérablement améliorée. L'administration sublinguale d'un complexe de THC/cyclodextrine a sensiblement amélioré la biodisponibilité du TCH chez les lapins. (Source: Mannila J, et al. Eur J Pharm Sci 2005 Jun 12; [publication électronique précédant l'impression] )