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IACM-Bulletin du 1 juin 2009

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🌐 Europe/Royaume-Uni — la sociĂ©tĂ© GW Pharmaceuticals dĂ©pose une demande d’approbation du sativex pour la sclĂ©rose en plaques

En Europe, l’extrait de cannabis sativex de la ssociĂ©tĂ© britannique GW Pharmaceuticals est dans l’attente d’un agrĂ©ment pour le traitement de la spasticitĂ© de la sclĂ©rose en plaques. Ce qui permet d’envisager un agrĂ©ment fin 2009 ou dĂ©but 2010. Étant donnĂ© que ce sont les lĂ©gislateurs britanniques qui ont eux-mĂȘmes dĂ©fini les essais, il y a peu de risques que la demande d’agrĂ©ment soit rejetĂ©e. Le pulvĂ©risateur contient en quantitĂ©s Ă©gales deux cannabinoĂŻdes : le CBD (cannabidiol) et le THC (dronabinol). La demande auprĂšs des lĂ©gislateurs britanniques et espagnols est une Ă©tape importante pour la sociĂ©tĂ© britannique, compte tenu des nombreux retards auxquels ce dossier a Ă©tĂ© soumis.

Les essais cliniques ont montrĂ© que le sativex appliquĂ© par pulvĂ©risation sublinguale rĂ©duit la spasticitĂ© des patients atteints de sclĂ©rose en plaques ne rĂ©pondant pas aux thĂ©rapies existantes. S’il est agrĂ©Ă©, le sativex sera commercialisĂ© par la compagnie allemande Bayer en Grande-Bretagne, et dans le reste de l’Europe par la compagnie espagnole Almirall. À la suite des demandes en Grande-Bretagne et en Espagne, d’autres seront effectuĂ©es dans des pays europĂ©ens en 2010. Aux États-Unis, des tests cliniques supplĂ©mentaires sont nĂ©cessaires pour que ce mĂ©dicament puisse faire l’objet d’une demande d’autorisation de mise sur le marchĂ©. La compagnie japonaise Otsuka est l’associĂ©e de GW Pharmaceuticals aux États-Unis. En 2005, le sativex a Ă©tĂ© agrĂ©Ă© pour la premiĂšre fois, au Canada,.

Pour plus d’informations :

- http://www.reuters.com/article/healthNews/idUSTRE54J1KI20090520

- http://www.gwpharm.com

(Sources: communiqué de presse GW Pharmaceuticals du 20 mai 2009, Reuters du 20 mai 2009)

đŸ·ïž Science — dans une sĂ©rie de cas cliniques, le THC a amĂ©liorĂ© les symptĂŽmes de la schizophrĂ©nie de quelques patients

Les scientifiques du Centre de psychiatrie de Rockland Ă  Orangeburg, New York, ont notĂ© une amĂ©lioration des symptĂŽmes de la schizophrĂ©nie de quatre de leurs patients qui recevaient du THC (dronabinol) par voie orale. L’étude a dĂ©butĂ© aprĂšs qu’il ait Ă©tĂ© observĂ© une amĂ©lioration significative pour l’un des malades. Les chercheurs ont alors constatĂ© que 3 des 5 patients, qui souffraient d’une schizophrĂ©nie sĂ©vĂšre, chronique et qui Ă©taient rĂ©fractaires aux traitements, dĂ©crivaient une amĂ©lioration par l’usage du cannabis. Leur Ă©tat a Ă©tĂ© amĂ©liorĂ© aussi avec du THC. Les chercheurs n’avaient sĂ©lectionnĂ© que des patients sĂ©vĂšrement atteints et dont les amĂ©liorations possibles l’emportaient sur le risque. En fonction des critĂšres, 5 patients sur 200, souffrants de psychoses chroniques furent sĂ©lectionnĂ©s. Il leur fut administrĂ© 2,5 mg de dronabinol 2 fois par jour, puis 5mg, 2 fois par jour la semaine suivante, et 10 mg, 2 fois par jour la troisiĂšme semaine.

Il n’a Ă©tĂ© observĂ© aucun effet indĂ©sirable. Il a fallu 8 semaines de traitement pour qu’un des patients note une amĂ©lioration, alors que les autres ont rĂ©agi dans un dĂ©lai plus court. Les chercheurs ont notĂ© « que cette amĂ©lioration constitue une rĂ©duction des symptĂŽmes psychotiques principaux sur 3 des 4 patients, et non pas seulement un effet calmant gĂ©nĂ©ral. » Les rĂ©sultats sembleraient montrer que « le rĂŽle des cannabinoĂŻdes dans le traitement des psychoses est plus complexe qu’il ne le semblait jusqu’à prĂ©sent et qu’il ouvre des perspectives pour le traitement de la schizophrĂ©nie. »

(Source: Schwarcz G, Karajgi B, McCarthy R. Synthetic delta-9-tetrahydrocannabinol (dronabinol) c peut améliorer les symptomes de la schizophrénie . J Clin Psychopharmacol 2009;29(3):255-8.)

đŸ·ïž Science — dans le cadre d’un traitement Ă  la naltrexone, un usage modĂ©rĂ© du cannabis permet de rĂ©duire la dĂ©pendance aux opiacĂ©s

Une recherche clinique du DĂ©partement de psychiatrie de l’UniversitĂ© de Columbia Ă  New York a montrĂ© qu’un usage raisonnable du cannabis amĂ©liorait la modĂ©ration des patients dĂ©pendants des opiacĂ©s tels que l’hĂ©roĂŻne, dans le traitement Ă  la naltrextone. 63 toxicomanes hospitalisĂ©s pour unedĂ©toxication, un traitement Ă  la naltrexone par voie orale, et thĂ©rapie comportementale ont Ă©tĂ© classĂ©s en trois niveaux en fonction de l’usage de cannabis pendant le traitement. Une analyse d’urines a Ă©tĂ© effectuĂ©e deux fois par semaine : abstinent (0% de cannabis dans les Ă©chantillons d’urine), usage discontinu (de 1 Ă  79% d’échantillons positifs au cannabis) et usage rĂ©gulier ( 80% ou plus d’échantillons positifs).

La naltrexone est un antagoniste des rĂ©cepteurs aux opiacĂ©s qui a Ă©tĂ© utilisĂ© en premier lieu dans le traitement de l’alcoolisme et de la dĂ©pendance aux opiacĂ©s. Avec le traitement Ă  la naltrexone, les consommateurs irrĂ©guliers de cannabis ont montrĂ© une modĂ©ration accrue (moyenne de 133 jours d’abstinence) par rapport Ă  ceux qui ne consommaient pas (abstinence moyenne de 35 jours) ou aux usagers rĂ©guliers (abstinence moyenne de 35 jours). La consommation irrĂ©guliĂšre du cannabis a aussi Ă©tĂ© associĂ©e Ă  une rĂ©gularitĂ© plus grande Ă  la prise des pilules de naltrexone. Les chercheurs ont indiquĂ© que des Ă©tudes expĂ©rimentales sont nĂ©cessaires pour tester directement l’hypothĂšse selon laquelle les agonistes des rĂ©cepteurs aux cannabinoĂŻdes exercent un effet pharmaceutique bĂ©nĂ©fique sur la prise de naltrexone, Ces Ă©tudes permettraient aussi d’en comprendre le mĂ©canisme.

(Source: Raby WN, Carpenter KM, Rothenberg J, Brooks AC, Jiang H, Sullivan M, Bisaga A, Comer S, Nunes EV. Intermittent marijuana use is associated with improved retention in naltrexone treatment for opiate-dependence. Am J Addict 2009;18(4):301-8.)

En bref

🌐 Etats-Unis — Rhode Island

3 ans aprĂšs que la lĂ©galisation que le cannabis mĂ©dical est lĂ©galisĂ© dans l’Etat du Rhode Island, les dĂ©putĂ©s ont adoptĂ© le 20 mai un plan visant Ă  crĂ©er des dispensaires qui vendraient le mĂ©dicament aux patients. En avril, le sĂ©nat a approuvĂ© trĂšs majoritairement une version identique de cette proposition de loi. On s’attend Ă  ce que le Gouverneur Carcieri, opposant de longue date au cannabis mĂ©dical, y oppose son veto. Mais les dĂ©putĂ©s ont approuvĂ© la loi Ă  63 voix contre 5, ce qui devrait facilement l’emporter sur un vĂ©to. (Source: Providence Journal du 21 mai 2009)

🌐 Etats-Unis — Minnesota

Le 18 mai, les dĂ©putĂ©s et les sĂ©nateurs de cet État ont approuvĂ© un projet de loi visant Ă  lĂ©galiser l’usage mĂ©dical du cannabis. MalgrĂ© cela, le sĂ©nateur Tim Pawlenty, le 22 mai, y oppose son veto. (Source: Minneapolis Star-Tribune du 18 mai 2009, MPP du 22 mai 2009)

🌐 Canada — DĂ©partement aux Affaires des VĂ©tĂ©rans

Le DĂ©partement aux Affaires des VĂ©tĂ©rans du gouvernement canadien couvrira les coĂ»ts du cannabis mĂ©dical. Une lettre de ce DĂ©partement adressĂ©e Ă  un vĂ©tĂ©ran indique que le cannabis mĂ©dical fourni par le MinistĂšre de la SantĂ© pourrait ĂȘtre remboursĂ© si une prescription mĂ©dicale en assure la nĂ©cessitĂ©. (Source: Comox Valley Record du mai 2009)

🌐 Etats-Unis — fin de la « guerre aux drogues »

Gil Kerlikowske, le nouveau directeur du Bureau de la National Drug Control Policy de la Maison Blanche, a indiquĂ© que les États-Unis ne devraient pas se percevoir comme menant une « guerre aux drogues ». Il a questionnĂ© l’utilisation populaire du mot « guerre », et a conclu qu’une telle perception barre la route Ă  un mouvement positif de la rĂ©solution des problĂšmes de drogue auxquels le pays est vĂ©ritablement confrontĂ©. « Quelle que soit la maniĂšre utilisĂ©e pour expliquer aux gens ce qu’est une « guerre aux drogues » ou une « guerre aux substances », les gens le perçoivent comme une guerre les visant, a indiquĂ© le 13 mai Gil Kerlikowske. (Source: UPI du 14 mai 2009)

🌐 Etats-Unis — Californie

La Cour SuprĂȘme n’entendra plus aucune action contrevenante Ă  la loi californienne qui autorise l’usage mĂ©dical du cannabis. Le 18 mai, La Haute Cour a refusĂ© d’entendre les appels des comtĂ©s de San Diego et de San Bernardino. Les dĂ©putĂ©s de ces deux comtĂ©s avaient intentĂ© un procĂšs afin de renverser la loi qui avait Ă©tĂ© approuvĂ©e par les votants en 1996, mais les cours infĂ©rieures avaient statuĂ© contre elle. (Source: Associated Press du 18 mai 2009)

đŸ·ïž Science — maladie de Charcot (SclĂ©rose amyotrophique latĂ©rale)

D’aprĂšs une recherche fondamentale sur la maladie de Charcot (ALS), dans le modĂšle animal, la sensibilitĂ© des rĂ©cepteurs cannabinoĂŻdes-1 (CB1), qui contrĂŽlent la neurotransmission des neurotransmetteurs glutamate et GABA, est particuliĂšrement accentuĂ©e chez les souris atteintes d’ALS. Les chercheurs ont ainsi notĂ© que ces rĂ©sultats pouvaient indiquer que l’adaptation du systĂšme endocannabinoĂŻde pourrait ĂȘtre impliquĂ©e dans la pathophysiologie de l’ALS et que les rĂ©cepteurs CB1 pourraient ĂȘtre une cible thĂ©rapeutique possible pour le traitement de cette maladie. (Source: Rossi S, et al. Amyotroph Lateral Scler 2009 May 19:1-8. [publication Ă©lectronique avant la parution])

đŸ·ïž Science — tabac et cannabis

Les chercheurs de l’UniversitĂ© Columbia Ă  New York ont travaillĂ© sur les diffĂ©rences des effets entre les cigarettes de cannabis mĂ©langĂ©es avec du tabac et les cigarettes de cannabis pur. 24 consommateurs ont participĂ© Ă  cette expĂ©rience. Par six fois, ils ont fumĂ© des cigarettes de cannabis contenant trois concentrations de THC diffĂ©rentes avec ou sans tabac. Les cigarettes de cannabis pur ont provoquĂ© une concentration sanguine en THC et des effets psychiques plus importants. Les cigarettes de cannabis mĂ©langĂ© Ă  du tabac ont produit les mĂȘmes augmentations du rythme cardiaque mais des niveaux de monoxyde de carbone supĂ©rieurs dans le sang. (Source: Cooper ZD, et al. Drug Alcohol Depend 13 mai 2009. [publication Ă©lectronique avant la parution])